The Cabin In The Woods, de Drew Goddard

Des étudiants venus passer un week-end dans une cabane au fond des bois sont confrontés à deux employés de bureau liés au mystérieux passé des lieux.

★★★☆☆

Je ne suis pas une fan de films d’horreur, mais j’aime beaucoup le casting de ce film (allant de Chris Hemsworth et Jesse Williams à une partie de l’écurie Whedon dont Amy Acker), et j’aime assez le travail des scénaristes (Drew Goddard qui a quand même travaillé sur Buffy, Angel, Lost, Alias etc.. et Joss Whedon qu’on ne présente plus).

J’ai donc été vraiment convaincu par ce film, drôlement intelligent et percutant, car il se démarque extrêmement des autres Paranormal Activity et compagnie… et pas seulement, car il est davantage drôle. Mais aussi, car l’histoire n’est pas la même. Ce n’est pas des sciences occultes (même si les personnages s’en servent). Ca n’a rien à voir avec du mysticisme mais avec de la technologie et ça change grandement de ce que j’ai pu voir (même si sur ce coup, j’en ai pas vu des tonnes des films d’horreurs). Ce film me fait d’ailleurs penser à l’épisode Homecoming de la saison 3 de Buffy The Vampire Slayer, durant lesquelles Cordélia et Buffy se retrouvent dans une cabane dans les bois, qu’elles sont filmées et attaquées par toutes sortes de vampires et démons.

Le casting est absolument génial. Même si Jesse Williams n’en fait pas beaucoup finalement, Chris Hemsworth irradie de charisme. L’interprète des deux jeunes filles ont fait ce qu’on leur a demandé, et Kristen Connoly se révèle être une jolie surprise, très prometteuse. Et il y a Fran Kanz qui m’a presque donné envie de me mettre à Dollhouse, tellement il est bon. Puis ensuite, il y a Richard Jenkins et Bradley Whitfort qui n’ont absolument plus rien à prouver. Et les quelques autres apparitions de certains acteurs qui feront à coup sur sourire n’importe quel fan, comme moi, du Buffyverse !

Bref, dans ce film on retrouve un peu tout ce que j’aime dans l’oeuvre de Whedon : du second degré, des personnages un minimum creusés mais qui semblent de primes abords de simple stéréotypes (ce qu’ils sont quand même), de l’humour, des références (je ne les ai pas toutes comprise, n’étant pas une fan de ce genre). Bref, j’ai passé un excellent moment devant ce film que j’ai trouvé très réussi.

Le Livre Perdu des Sortilèges, de Deborah Harkness

 

★★☆☆☆

Ca fait quasiment un mois que je n’ai rien posté sur ce blog mais ce n’est pas parce que je l’oublie mais plutôt car je rame à lire mes livres et à regarder des films. En effet, je suis plus dans une phase « séries tv ». Néanmoins, comme c’est les vacances, que j’ai bientôt fini mon long week-end à Nice, je m’étais dit avant d’y aller que Nice inclut obligatoirement plage et compagnie, donc j’ai laissé de côté les Game of Thrones et autres, et pris Le livre perdu des sortilèges. Et j’ai donc finalement réussi à le finir ce fichu bouquin.

Et je vous envie d’ores et déjà la couleur : ma note (sur babélio et goodreads) est de trois étoiles.  Je vous les explique dans un instant, mais tout d’abord voilà :

  • Diana Bishop a renoncé depuis longtemps à un héritage familial compliqué, pour privilégier ses recherches universitaires, une vie simple et ordinaire. Jusqu’au jour où elle emprunte un manuscrit alchimique : l’Ashmole 782. Elle ignore alors qu’elle vient de réveiller un ancien et terrible secret – un secret convoité par de nombreuses et redoutables créatures. Parmi eux, Matthew Clairmont, un médecin/biologiste (?) et vampire français. Un tueur, lui a-t-on dit. Malgré elle, Diana se retrouve au cœur de la tourmente.

Et donc, comme vous l’avez deviné, Diana tombe amoureuse du Matthew et vice-versa. Bref, je vais commencer par les reproches que je fais à ce livre, en essayant de ne pas trop m’étaler et en les énumérant (une première donc) :

  1. On pourra dire tout ce qu’on veut. L’histoire, la mythologie du livre sauve le tout, ça reste du déjà-vu tout ça. L’histoire d’amour impossible entre un vampire et une autre créature, ici sorcière. Et moi, perso, ça me dérange pas l’impression de déjà-vu quand il s’agit d’histoire d’amour, j’arrive toujours à être emportée mais avec les vampires, c’est toujours les mêmes histoires : il arrive toujours un moment où le vampire a peur de ne plus contrôler ses pulsions, un autre où la fille en question boit finalement son sang pour être guéri, et lui faire boire le sien pour le guérir etc.. Je veux dire, c’est plus possible ! Un peu d’originalité, s’il vous plait. Et puis même si les personnages sont plus matures que Bella et Edward, ils leurs ressemblent tout de même beaucoup. La moitié du livre à se faire la cour, puis une fois ensemble, des baisers plus ou moins chastes, pour ne tout simplement pas conclure, ce qui il faut l’avouer n’est pas crédible du tout. Il est un très vieux vampire et il est un homme, il a été marié, a eu un fils, a connu de nombreuses aventures, et elle-même (Diana) a connu plusieurs relations sexuelles et elle est sensée avoir entre 28 ans et 30 ans, vous ne me ferez pas croire que deux personnes matures attendent d’être mariées pour coucher ensemble, mais qu’en plus, ce mariage n’est finalement pas consommé. Je chipote, je sais. Mais je reproche aux gens qui ont décrit ce roman comme était résolument mature car c’est faux, ça reste bon enfant de ce côté-là. Mais si ce n’était que ça.. en connaissant l’âge des personnages qui sont de véritables adultes, ça en devient tout sauf crédible. Et pour en revenir à mes moutons, je n’ai pas du tout adhéré à cet amour inconditionnel entre Diana et Matthew. Ils ne vivent que pour l’un et l’autre, du jour au lendemain. Matthew ira même jusqu’à dire qu’il tuerait son fils pour Diana, et celle-ci n’hésiterait presque pas à blesser sa tante qui a ne serait-ce qu’un peu critiquer Matthew – son ennemi par nature. Sans parler, des déclarations tout au long du roman qui rende le tout presque niais. Et cette idée de les faire se vouvoyer (j’ai lu le roman en français), c’était quoi monsieur le traducteur ?
  2. Donc j’ai trouvé cette relation plutôt ratée, mais c’est surement à cause des deux héros donc, que je n’ai pas trouvé très réussi non plus. Certes, ils ne sont pas non plus bâclés ou simplement ratés. Ils sont approfondis, le travail de l’auteur sur eux est très bon. Ceux ne sont pas des personnages insipides, pourtant, elle n’arrive pas à les rendre attachant. On peut admirer Diana pour son côté historienne qui ressort souvent, une facette d’elle que j’ai beaucoup aimé, qui la rend « vrai ». Elle m’a cependant agacé car elle est simplement trop « aveugle », ignorante de ce qu’il se passe autour d’elle et elle laisse donc tout le monde prendre les décisions pour LA garder en vie, car bon, tout le monde l’aime (Elena n°2 quoi). Cependant l’auteur lui donne des failles, des doutes, comme cette incapacité à affronter ses peurs mais aussi beaucoup de courage, qui est pourtant tout de suite éclipsé par Matthew. Je m’attendais à adorer ce dernier mais non. Il a toute les facettes du vampire intelligent, un brin manipulateur, colérique, passionné, qui tombe amoureux à en mourir de sa sorcière, qui serait prêt à se sacrifier, qui fait tout pour la protéger. Et qui en fait justement trop. Et pourtant, il avait tout pour me faire tomber sous son charme. Mais son envie de tout gérer, cette nonchalance à blesser les autres (ou même les tuer) pour sauver sa bien-aimée, ça la rendu détestable. Les seuls moments où je l’ai vraiment apprécié c’est quand il est avec son frère, Baldwin. On voit qu’il n’est pas infaillible qu’il le parait et qu’il n’a pas qu’une seule faiblesse en la personne de Diana. Et ça le rend de suite plus attachant. Mais ce qui aurait fallu pour rendre les deux personnages vraiment attachant durant tout le livre, ce que l’auteur nous offre davantage de moment de complicité entre Diana et ses tantes, ou Matthew et sa famille. Mais voilà, Diana reste insupportable car elle laisse tout le monde se charger des problèmes qu’elle a provoqué, elle ne fait qu’attendre et s’évanouir et être blessée (au moins 5 fois dans le bouquin), et Matthew est insupportable car il prend toutes les décisions, oubliant qu’il y a d’autres personnes que Diana sur la planète, et que celle-ci peut aussi réfléchir.
  3. Et paf, on est déjà au troisième reproche et le dernier. Je ne connais pas du tout l’auteur, d’où elle vient, si elle est mariée, quelle est sa religion. Et je ne sais pas si l’impression que j’ai eu dans le livre lui ressemble ou pas, mais j’ai trouvé ce roman sexiste et réac. Matthew est un gros macho. Il prend toutes les décisions, est le mal Alpha, tout le monde le vénère et est à ses ordres, et donc personne ne remet jamais en doute son autorité et certainement pas miss Diana, qui est sensée être historienne et donc connaitre l’histoire des femmes et leur évolution dans le monde. Sa mère encore moins bien. Sarah, la tante Bishop, ne l’accueillera pas les bras ouverts mais principalement car c’est simplement une créature ennemie de la sienne. Le cas Sarah m’a d’ailleurs fait littéralement hurlé. Elle est lesbienne et elle nous est de suite étant présentée comme beaucoup moins émotive et fragile que sa compagne, et donc obligatoirement c’est elle l’homme dans leur relation. Peut-être, que j’extrapole. Mais c’est comme ça que je l’ai ressenti. La scène chez les Bishop, durant laquelle tous les hommes + Sarah sont dans le salon (je crois) à parler guerre et politique, et que les femmes sont dans la cuisine (remarque pertinente de Diana d’ailleurs) n’a fait que confirmer mes doutes, sur le sexisme du roman mais sur côté réac en plus. Surtout qu’on a pas eu droit à une seule (je crois bien) description de vampire, démon ou sorcière qui serait asiatique, arabe ou noir. Donc j’émets donc l’idée que l’homosexualité de Sarah et Em’ ne soit là que pour combler le manque de minorités sociales dans ce roman, et l’auteur, de ce fait, faisait d’une pierre de coup, en montrant une certaine extravagance apparemment propre aux sorcières. Bien sur, ce paragraphe n’est pas parole sainte, ce n’est que le rapport du ressenti que j’ai eu par rapport au livre. Je ne connais pas l’auteur et ses opinions politiques, religieuses et sociales, mais j’ai trouvé ce livre sexiste à 100% (à travers Matthew, la scène dites plus haut), raciste (aucun personnage autres qu’occidentaux) et possédant une vision de l’homosexualité obsolète.

Mais je n’ai pas trouvé à ce livre que des défauts au contraire. Je vais être plus facile pour lister les qualités que je lui ai trouvé, car ce ne saura pas la peine, je pense de les expliquer.

  • L’intrigue principale, le fil rouge…
  • qui débouche donc sur un univers extraordinaire et merveilleux, pouvant presque tenir tête à celui inventé par J.K Rowling (j’ai dit presque ;), la maison des Bishop étant une trouvaille absolument fantastique…
  • mais aussi sur de nombreux mystères, concernant le Ashmole 789, Stephen Proctor,  le passé de Matthew,  la véritable nature de Diana, ce qu’il s’est passé au Nigéria, ce qu’a envoyé Ysabeau – pleine de secrets à percer elle aussi – à son fils, cette prophétie etc…
  • Une écriture que j’ai trouvé assez solide. Parfois un peu trop complexe, avec quelques longueurs et quelques descriptions en trop, mais qui reste tout à fait agréable.
  • Les idées de l’auteur pour expliquer les mutations des créatures. Qui sont très complexes et qui ne doivent pas tenir la route aux yeux de scientifiques mais qui passent tout à fait aux yeux des littéraires qui se contre-fichent des maths et des sciences.
  • L’idée de faire des héros des adultes, et non pas des adolescents, car même si elle ne va pas jusqu’au bout, l’intention reste louable et audacieuse.
  • Les personnages secondaires qui à eux tous sauvent le livre qui n’est donc pas bon seulement grâce à l’intrigue. Sarah, Marcus, Ysabeau, Marthe, Sophie, Baldwin, Em’, Miriam, la grand-mère Bishop, la maison et Sept-Tours en elles-mêmes etc… différents personnages mis au second plan en faveur de Diana et Matthew, mais qui ne sont pas unidimensionnel, qui peuvent être drôles, mais aussi émouvants, intelligents, et 20 fois plus attachants que les personnages principaux en titre.

Le principal problème de ce livre, principalement à cause duquel je ne l’ai pas dévoré est qu’il est trop froid, il n’est pas « chaleureux » du tout. A l’image de ses deux héros, qui n’existent uniquement pour l’un et l’autre, et qui de ce fait, sont tout sauf humains (vous me comprenez) et donc pas attachants. Ils sont néanmoins, une fois séparée, bien construit, bien creusé grâce à des passés complexes et une situation professionnelle qui donne un côté réaliste au tout. Le livre est porté par des personnages secondaires hauts en couleurs, une écriture soignée, et une intrigue principale très complexe, bourrée de suspens et vraiment intéressante, qui apporte une autre dimension à tout ce qui a déjà été fait sur le monde des vampires et compagnie.

[Cinéma] Batman Begins, de Christopher Nolan

 

★★★★☆

Incursion dans l’oeuvre de Christopher Nolan

Avant de voir ce batman, le seul Nolan que j’avais pu voir était Inception. Il était donc temps que je découvre la série de film qui finalement, l’a fait connaitre du grand public. Surtout que finalement, il n’y avait aucune raison pour ne pas les regarder : j’ai adoré Inception, j’adore Christian Bale, et j’ai franchement rien contre les films de super-héros (au contraire, c’est mon guilty-pleasure). Et de plus, Christopher Nolan est considéré comme étant le seul – je crois bien – a mélangé blockbuster et film d’auteur (c’est le cas pour Inception encore une fois). Il serait même arrivé à rendre intimiste des films sur batman ! Si c’est pas du génie ça… Bon je dois avouer, que malgré tout mon amour pour Bale, j’avais beaucoup de mal à l’imaginer en Batman. En effet, je ne le trouvais pas assez corpulent (le héros étant censé être vraiment musclé, genre fait comme un immeuble quoi) et puis j’ai toujours imaginé ce batman avec des mâchoires carrées, ce n’est qu’un détail et c’est certainement dû au dessins-animés que je regardais quand j’étais petite, mais c’est vrai que ça m’a gêné au début.

Mais ça passe rapidement car encore une fois, ce n’est vraiment qu’un détail et puis, car le rôle de Bruce Wayne/Batman est extrêmement réussi et que Christian Bale le sublime encore davantage, même s’il surjoue au niveau de sa bouche lorsqu’il est porte son costume de Batman. Pour être plus claire, quand il est en batman, qu’il y a des gros plans sur son visage masqué et sa bouche, on remarque que celle-ci bouge bizarrement. On dirait qu’il en fait trop. Après voilà, il surjoue mais c’étant sans doute le but. Il est censé changer de voix et bouger ainsi sa bouge doit l’aider, mais ça reste assez ridicule et théâtrale quand il y des gros plans.

Mais ce serait une erreur de penser que le casting de Batman Begins réside en Christian Bale seulement. On retrouve Michael Caine dans le rôle du majordome Alfred, fidèle tuteur et figure parental de Bruce et Morgan Freeman dans le rôle de Lucius Fox, l’homme qui donne à Bruce tous les « gadgets » pour l’aider dans sa mission. On s’attache immédiatement aux personnages, grâce aux acteurs qui sont plus que connus et qui donc nous sont davantage familiers, mais aussi grâce à la gentillesse et la patience dont ces personnages font preuves envers le héros. Ils lui seront fidèles, on le sait, et ça nous suffit. Ils sont drôles et c’est un bonus. Et finalement, on pourrait dire la même chose de Gary Oldman sauf que lui se trouve davantage sur le terrain. Ils sont le trio de vieux messieurs suppléants à Bruce finalement. J’aime bien cette idée. Et pour finir du côté des gentils, on retrouve la belle Katie Holmes avant qu’elle ne fasse plus rien du tout d’intéressant, et je suis vraiment heureuse de la voir dans ce film. C’est limite si son rôle ne m’a pas réconciliée avec l’actrice à vrai dire. Ce n’est clairement pas le rôle le plus complexe jamais écrit, c’est le rôle de l’amie d’enfance, de l’amoureuse qui veut sauver le monde. C’est finalement du Joey Potter. Et c’est ce qu’elle fait de mieux. Quand je pense qu’elle a refusé de jouer dans le suivant…

Mais le casting ne se résume pas qu’à toutes ces pointures… non, non, Christian Bale, Katie Holmes, Freeman, Caine et Oldman, c’est pas suffisant. Viennent s’ajouter à ce déjà très joli casting, Liam Neesson et Cillian Murphy. Autant le premier joue en toute sobriété, le second incarne son rôle de psychopathe à merveille et d’ailleurs, il m’impressionne toujours plus à chaque film que je vois de lui.

Pour finir, je pense que le film est vraiment une réussite car Christopher Nolan ne fait pas de lui qu’un blockbuster. Il a fait de Batman Begins un thriller, un film d’action, de super-héros et un film d’auteur, vraiment puissant, traitant de différents thèmes comme le deuil, les peurs, les amours d’enfances, la rédemption ou la vengeance, tout en posant des questions polémiques, voire tabou – mais en y ajoutant une morale tout de même – telles que : pourquoi ne devrions-nous pas tuer un meurtrier pour le punir ? pourquoi ne devrions-nous pas infliger la même peine à un criminel que lui-même a infligé ? Donc oui, Batman Begins est déjà beaucoup de choses (action, thriller, super-héros) mais il est surtout intelligent, sans oublier qu’il prend aux tripes, qu’on ne lâche pas une seconde les intrigues et on arrive quand même à être émue, à avoir les yeux humides (grâce aux flash-backs principalement).

J’ai donc commencé ce film avec quelques a priori, mais quand même confiante à cause des très bons acteurs, de l’excellent réalisateur et des critiques dithyrambiques, j’en ressors plus que jamais convaincue. Le batman de Bale et de Nolan n’est que réussite, son histoire est fascinante et le film est un quasi sans fautes. Deuxième coup d’essai réussi pour Nolan (après Inception). Excellent ! Passionnant !

[Cinéma] 3 metros sobre el cielo, de Fernando González Molina

 

★★★☆☆

Bon, avant de vous expliquez toutes les péripéties par lesquelles je suis passée pour voir ce film et le comprendre, je vais vous raconter l’histoire. Elle n’est pas compliquée, au contraire. On a eu droit à quelque chose de similaire cette année en France : Ma première fois. A l’exception que le héros est encore plus dangereux et excessif (c’est pour dire, Zach avait quand même giflé son proviseur dans le film français). Mais à par le côté encore plus noir du héros, c’est à peu de choses près la même chose. On a une fille de riche qui étudie dans une école de riche, qui a une mère plus qu’agaçante, vieux jeu et insupportable mais qui finit quand même par consoler l’héroïne, et le papa plus docile, qui finira par apprécier le garçon et voir ce qui est bon en lui. Dire qu’excepté cela, les deux films ne sont pas similaires serait mentir, mais les héros sont sombres et dangereux tous deux, mais se démarquent fortement l’un de l’autre. Hugo étant peut-être plus violent, et Zach, sombre. Et ils un passé, une psychologie, et on a même droit aux explications de leur mal-être, plus précises et consistantes pour le cas d’Hugo.

Donc, il fallait à tout prix que je vois ce film. Pourquoi ? Parce que j’ai vu des images magnifiques sur tumblr, que j’ai lu le synopsis, que ça m’a emballé, que j’ai eu une envie profonde de lire le livre de Federico Moccia, dont est adapté ce film, etc… Et étant donné que je suis assez mauvaise en espagnol, il n’était absolument pas question que je me lance dans un visionnage sans sous-titre. Sauf qu’évidemment, aucune vidéo trouvable avec sous-titres incrustés. Il a donc fallu que je me débrouille comme une grande. Et le bonheur quand j’y suis finalement arrivée, quand j’ai finalement pu cliquer sur la touche « lecture ».

Et donc quoi ? Déçue ? Conquise à fond ? Moyen tout ça ? Franchement, dire que j’ai été déçue serait encore une fois franchement mentir ! Pourtant dire que j’ai eu ce que je m’attendais à voir serait dire des bêtises aussi. Le film est bourré de clichés (la première fois, bagarre, rivalité entre la pouffe et la fille de bonne famille, les parents soit inutiles soit surprotecteur et tyrannique) mais quand c’est bien fait, que c’est bien interprété et quand l’alchimie est plus que présente, je dis toujours oui. Le problème, c’est que malgré le caractère de H qui aurait pu donner l’opportunité de rendre n’importe quelles scènes intenses, et elles le sont quasiment toutes, le film dure peut-être trop longtemps pour vraiment en profiter, pour ressortir du film avec une véritable impression d’intensité en nous. Pour sortir du film chamboulé. Ou si, on en sort ainsi car les 20 dernières minutes ne sont qu’intensité. Il n’y a pas une seconde de répit. C’est triste, atroce, on pleure. Et ça en fait oublier les 1h40 qui les ont précédées, et qui étaient magiques elles aussi, mais peut-être pas assez remarquable. Néanmoins, ce détail est compensé par les personnages qui eux sont toujours intenses, géniaux.

H est brutal. C’est le type de personnage qu’on adore. C’est LE personnage que j’attendais de voir depuis longtemps au cinéma. Violent de bout en bout. Qui n’arrive pas à s’arrêter de l’être, qui même l’amour ne sauve pas. L’amour le calme, mais il finit toujours par frapper à nouveau, et la décision finale de Babi est tellement légitime, tellement compréhensible qu’on ne peut pas en vouloir à l’héroïne de laisser H. Elle est humaine. Elle l’a aimé, adoré même. Elle était prête à sacrifier beaucoup pour lui, à aucun moment elle n’a fait preuve de lâcheté et lui a souvent pardonné, mais elle finit par se rendre compte – après la tragédie finale, dans une séquence atroce – que le monde de H n’est pas le sien, qu’elle n’est tout simplement pas prête à vivre à un tel paroxysme de danger. L’accident de Pollo et Katina l’aura traumatisé. Et la réaction – violente encore – de Hugo, puis son geste final, auront fini de « l’achever », de lui faire ouvrir les yeux et de lui faire prendre une décision, une fois pour toute. Alors oui, c’était franchement pas le moment, ce qu’elle dit à H est atroce, mais je pense qu’il est plus que facile de comprendre son choix.

Et puis il y a les personnages secondaires. Tous absolument géniaux. J’ai vraiment adoré Katina et Pollo. La fin était véritablement atroce pour eux. Ils étaient le contraire de H et Babi, ils se sont vu, sont tombés amoureux. Ils finiront néanmoins séparés eux aussi. Pourtant aucun des deux ne méritaient. Marina Salas est une véritable graine de talent, sa dernière scène avec H est d’une émotion forte, portée par beaucoup de talent. La petite soeur de Babi et le frère de H (encore une fois, une similitude: dans MPF, Zach vit chez sa soeur, ici H vit chez son frère) sont de bons personnages aussi, des personnages réalistes finalement. Les trois parents ont cependant eu tendance à m’agacer. On voit peu le père de H, mais heureusement. La mère de Babi était en tout point insupportable, dépassant même le but du rôle. Et le père, et bien je sais pas, ce n’est pas passé. J’ai eu du mal à croire à cette sympathie pour H sortie d’une invitation dans un bar de 30 secondes.

Les acteurs sont plutôt bons, ils m’ont convaincu. Mario Casas aurait apparemment surjoué tout le long du film – c’est ce que j’ai lu de partout – mais je n’ai pas vraiment trouvé, au contraire, je l’ai trouvé plutôt juste et il a un véritable charme qui transcenderait n’importe quelles jeunes filles en fleur – dont moi. Maria Valverde est magnifique, rayonne, brille, est pleine d’innocence, et est parfaite dans son rôle. Marina Salas et Alvaro Cervantes forment un duo plus que convaincants, ils sont fun, mignons et émouvants. Que demande le peuple ? Bref, bonne distribution principale, aidée par de bons acteurs secondaires. Et je dois dire que la réalisation m’a beaucoup plu aussi, elle est léchée, les couleurs sont belles, alternant les scènes douces et violentes – séquences à la plage magnifiques visuellement, celle des courses de moto transcendantes.

3 Metros sobre el cielo m’a donc beaucoup plu, malgré certains petits bémols. Les personnages sont intéressants et attachants, H en tête. Et Fernando Gonzales Molina arrive parfaitement à rendre une histoire clichée à la base, émouvante et innovante. Donc, il ne me reste plus qu’à lire ce livre, ainsi que sa suite, et revoir et revoir, encore et encore, ce film.

[Roman] L’amour dure trois ans, Frederic Beigbeder

★★★☆☆

J’aurais pu et j’aurais du continuer mes livres en cours, après tout, en 8h, j’en avais largement l’occasion. 8h de train, ce n’est pas rien. Surtout quand il est impossible de s’y endormir, qu’on a pas grand chose à manger et que l’ennuie commence à montrer le bout de son nez. Les 8h de train, ouais, on les sent passer. Alors, je l’avais emporté avec moi dans mon gros sac, mes deux lectures en cours (GOT et Amore 14), mais c’est à peine si j’ai lu deux pages durant le trajet pour aller au camping où j’ai séjourné durant une semaine. En revenant, je me suis entêtée, et j’ai remis ces deux livres dans mon sac, histoire de le rendre encore plus lourd. Et comme j’aime bien les petites « presses » de gare que je trouve très mignonnes et sympathiques (ouais, allez savoir pourquoi), je me suis arrêtée à la première que j’ai vu, prête à dépenser de l’argent dans les Grazia, Glamour, Be, Studio Cine Live, Closer et Public. Sauf qu’il y avait une petite rangée bouquin, comme dans toutes les presses de gare me direz-vous, plus sympathique que la moyenne (le dernier 4 filles et un Jean par exemple, mais aussi les premiers, plus Un jour de David Nicholls etc..) et je suis tombée sur L’Amour Dure Trois Ans. Il m’a semblé assez court, faisable en 8 heures, et il avait l’air intéressant. Alors, c’était parti, 5€95, 3 arrêts, un panini aux 3 fromages, 8h de train, plus tard, j’avais fini le roman de Frederic Beigbeder. Et j’en sors plutôt conquise mais perplexe.

Je connaissais l’homme uniquement grâce à ses critiques cinématographiques dans Le Cercle sur Canal +, et grâce au succès du film éponyme qu’il a lui-même réalisé. J’ai d’ailleurs beaucoup de mal à imaginer l’animateur du Cercle écrire ce livre relatant sa vie. Et c’est certainement l’une des raisons pour lesquelles je suis perplexe face à ce livre. Mais il faut aussi dire que l’auteur a un très bon style, c’est assez flagrant. Il écrit des phrases pertinentes, qui percutent de plein fouet le lecteur,  et il y a des figures de styles (oxymores, répétitions, allitérations, comparaisons etc…) à tire-larigot, ce qui donne une impression de « trop », d’un souhait d’un bien écrire. Comme si l’auteur s’oblige à bien écrire, comme si ce n’était pas inné. Certes, n’est pas Baudelaire ou Hugo qui veut, mais ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas être soit, et écrire d’une manière peut-être moins esthétique, mais tout aussi puissante. Surtout qu’on passe d’un langage plutôt cru, vulgaire à des phrases très poétiques. Néanmoins c’est sans doute fait dans un but précis, créant ainsi un véritable décalage, rendant le protagoniste toujours plus complexe et paradoxale. Marc Marronnier est tellement complexe, qui n’est jamais détestable. Il est agaçant, égoïste parfois, véritablement égocentrique, mais totalement humain. On compatit toujours à sa souffrance, sa solitude, son incompréhension, son impuissance aussi. C’est un homme qui réfléchit trop, qui est triste et déçu par la vie, par l’amour. Et il se met en tête que l’amour ne dure que 3 ans. Première année de passion, deuxième année de tendresse, troisième année d’ennuie. C’est triste à dire. C’est difficile à comprendre. Et quasiment tout au long du livre, le héros – et donc l’auteur – veut essayer de nous faire accepter, ainsi qu’à lui-même, sans jamais y arriver finalement, que cet Amour tant recherché est éphémère, et qu’il ne dure pas plus que 3 ans. Mais voilà, il retombe amoureux. Et c’est encore plus douloureux, parce que l’objet de son désir, de son amour, est marié. Ils sont amants, puis il divorce, l’attend, devient L’amant, l’attend toujours, déprime, pleure, l’aime, la veut, et elle finira par être divorcer à son tour.

On ne saura jamais si l’amour d’Alice et de Marc durera plus que trois ans. On ne saura jamais si toute la thèse exposée dans ce roman est véritable. Mais ce n’est pas grave. Car ce qui est beau dans ce roman, ce que j’ai véritablement aimé, c’est le message. Peu importe si l’amour fait mal, si l’amour se termine au bout de 2, 3, 7, 10, 20, 50 ans, si l’amour ne se définit que par la fidélité, le mariage ou la passion, si l’amour déçoit. L’important, c’est d’aimer. Alors peut-être que j’ai mal compris, mais c’est vraiment le message que je retire de ce roman. Un roman que j’ai vraiment apprécié, grâce à un style délicat, mais utilisant paradoxalement un vocabulaire souvent vulgaire, grâce à un personnage tout ce qu’il y a de plus humain et émouvant, et des idées passionnantes, qui ne cesseront jamais d’intéresser tant elles sont universelles (qu’est-ce l’amour ? le mariage est-il le début de la fin ? l’adultère est-il vraiment impardonnable ? l’homme qui trompe est-il vraiment qu’un salop ?). J’ai trouvé le style fait d’un peu trop de fioritures, pourtant, j’ai été incapable de m’arrêter de lire ce roman passionnant, facile à lire grâce à des chapitres courts et explicites.

De cinéma en livre, l’article de bienvenue !

Il y a quelques temps (le 17 juin), j’ai ouvert sériesdocéane, un blog où je donne mes avis sur les séries que j’aime, j’adore ou bien qui me déçoivent. Etant plus qu’enchantée par cette plateforme, j’ai décidé d’en créer un nouveau consacré au cinéma, ma seconde passion, et à la littérature, ma troisième passion. Donc, nous voici sur De Cinéma En Livres (j’ai un véritable problème pour les noms).

Et donc bien sur, n’hésitez pas à donner vos avis, à me conseiller des livres, des films etc… Bonne visite !