Les Débutantes, de J. Courtney Sullivan

Les Débutantes est un roman d’apprentissage qui relate les parcours de quatre jeunes femmes pleines d’avenir. Sally, Célia, April et Bree se rencontrent sur le campus de Smith, une université connue pour son esprit féministe et libertaire.

★★★★☆

J’ai toujours aimé les livres sur l’amitié. Car c’est quelque chose que je trouve très important, car c’est souvent des bouquins avec plusieurs personnages et c’est donc un façon de découvrir différents personnages, aux caractères totalement opposés. On pourrait d’ailleurs décrire les quatre héroïnes du bouquins de cette manière. De plus, n’importe quelle lectrice peut retrouver un peu d’elle même dans chaque héroïne.

Au début de l’été, je me suis donnée comme objectif de lire ce livre à cause des critiques que j’avais lu et de son résumé plutôt alléchant. Mais je n’ai pu me le procurer qu’à la rentrée. Cela n’a pas été un soucis, étant donné que j’ai dévoré le roman en l’espace d’une petite semaine. Je n’ai certainement pas été déçue.

On ne peut cacher qu’il y a quelques grosses ficelles, et que le malheur s’acharne vraiment sur nos Smithies qui atteint son paroxysme lors de la dernière partie avec April, qui finit un peu en queue de poisson d’ailleurs. Pourtant, ce roman est véritablement beau. Car il dépeint une magnifique fresque sur l’amitié, le féminisme, l’amour et la tolérance.

En effet, les jeunes filles étudient à Smith, une université américaine (et je dis encore oui !!) qui est connu pour son féminisme, une notion qui me tient beaucoup à coeur. Nous avons donc droit à des héroïnes féministes depuis leurs naissances ou qui le deviendront au contact de leurs nouvelles amies, mais aussi on nous présente une facette de ces universités féministes qui m’était totalement étrangère : son côté lesbien. Et c’est là, que la tolérance rentre en jeu. Parce que oui, c’est franchement fait avec finesse. Et alors qu’on aurait pu s’attendre à ce qu’au moins trois des héroïnes finissent lesbiennes, ce n’est pas le cas. Sally et Celia ne le sont clairement pas. Et puis, il y a les cas d’April et Bree. La première a tellement été traumatisée par sa première relation, qu’elle est simplement repoussée par l’amour. Et elle trouve son bonheur dans l’objectif de « sauver », aider les femmes. Contrairement à ces trois-ci, Bree est la seule qui est dans une relation amoureuse avec une autre femme. Mais comme nous l’explique l’auteur : elle n’est pas lesbienne, elle est simplement tombée amoureuse d’une personne, d’une personnalité, qui se trouve être une femme. Et pourtant – sans être lesbienne moi-même – j’ai trouvé ce message extrêmement fort qui devrait inciter à la tolérance et au progrès, et que je soutiens totalement.

D’ailleurs alors qu’on parle de relations amoureuses, on en suit seulement quatre dans ce roman : Sally et son ancien professeur, Sally et son fiancé/époux; Bree et son ex-fiancé et Bree et sa petite-amie. Je dois avouer que ces relations ne m’ont pas spécialement passionné, mais je pense que c’est voulu. L’auteur a souhaité se concentrer sur les évènements des vies des jeunes filles, sans spécialement se concentrer sur leurs amours (pour signifier encore davantage leurs féminismes), tout en prenant soin de les rendre véritablement crédibles, car elles le sont totalement. On croit pleinement à ces différentes relations plus ou moins tumultueuses, elles sonnent vraies.

Et puis il y a les héroïnes, que je craignais être trop stéréotypés ou trop différentes pour qu’elles soient amies. Mais non. Elles ont toutes, entre-elles, des points communs, des similitudes et des grandes différences. Je ne pourrais dire qu’elle est ma préférée, car elles m’ont toutes émues, chacune à leurs tours ou ensemble. Je me suis retrouvée en chacune d’elle, dans leurs failles, leurs doutes, leurs ambitions et ce besoin désespéré d’être proche de ses amies, de les aimer, d’avoir confiancer en elles.

Un excellent bouquin, qui se lit extrêmement facilement, tout en étant follement intéressant : Il instruit, il passionne, il aborde des thèmes complexes et audacieux comme l’homosexualité, l’amour, le féminisme, l’amitié, le courage, l’harmonie qu’il peut y avoir entre différentes personnes et la volonté de faire les choses qu’il faut, des choses qui méritent de se battre pour. Un message dur et doux à la fois, écrit avec un très joli style et beaucoup de finesse.

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[Roman] L’amour dure trois ans, Frederic Beigbeder

★★★☆☆

J’aurais pu et j’aurais du continuer mes livres en cours, après tout, en 8h, j’en avais largement l’occasion. 8h de train, ce n’est pas rien. Surtout quand il est impossible de s’y endormir, qu’on a pas grand chose à manger et que l’ennuie commence à montrer le bout de son nez. Les 8h de train, ouais, on les sent passer. Alors, je l’avais emporté avec moi dans mon gros sac, mes deux lectures en cours (GOT et Amore 14), mais c’est à peine si j’ai lu deux pages durant le trajet pour aller au camping où j’ai séjourné durant une semaine. En revenant, je me suis entêtée, et j’ai remis ces deux livres dans mon sac, histoire de le rendre encore plus lourd. Et comme j’aime bien les petites « presses » de gare que je trouve très mignonnes et sympathiques (ouais, allez savoir pourquoi), je me suis arrêtée à la première que j’ai vu, prête à dépenser de l’argent dans les Grazia, Glamour, Be, Studio Cine Live, Closer et Public. Sauf qu’il y avait une petite rangée bouquin, comme dans toutes les presses de gare me direz-vous, plus sympathique que la moyenne (le dernier 4 filles et un Jean par exemple, mais aussi les premiers, plus Un jour de David Nicholls etc..) et je suis tombée sur L’Amour Dure Trois Ans. Il m’a semblé assez court, faisable en 8 heures, et il avait l’air intéressant. Alors, c’était parti, 5€95, 3 arrêts, un panini aux 3 fromages, 8h de train, plus tard, j’avais fini le roman de Frederic Beigbeder. Et j’en sors plutôt conquise mais perplexe.

Je connaissais l’homme uniquement grâce à ses critiques cinématographiques dans Le Cercle sur Canal +, et grâce au succès du film éponyme qu’il a lui-même réalisé. J’ai d’ailleurs beaucoup de mal à imaginer l’animateur du Cercle écrire ce livre relatant sa vie. Et c’est certainement l’une des raisons pour lesquelles je suis perplexe face à ce livre. Mais il faut aussi dire que l’auteur a un très bon style, c’est assez flagrant. Il écrit des phrases pertinentes, qui percutent de plein fouet le lecteur,  et il y a des figures de styles (oxymores, répétitions, allitérations, comparaisons etc…) à tire-larigot, ce qui donne une impression de « trop », d’un souhait d’un bien écrire. Comme si l’auteur s’oblige à bien écrire, comme si ce n’était pas inné. Certes, n’est pas Baudelaire ou Hugo qui veut, mais ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas être soit, et écrire d’une manière peut-être moins esthétique, mais tout aussi puissante. Surtout qu’on passe d’un langage plutôt cru, vulgaire à des phrases très poétiques. Néanmoins c’est sans doute fait dans un but précis, créant ainsi un véritable décalage, rendant le protagoniste toujours plus complexe et paradoxale. Marc Marronnier est tellement complexe, qui n’est jamais détestable. Il est agaçant, égoïste parfois, véritablement égocentrique, mais totalement humain. On compatit toujours à sa souffrance, sa solitude, son incompréhension, son impuissance aussi. C’est un homme qui réfléchit trop, qui est triste et déçu par la vie, par l’amour. Et il se met en tête que l’amour ne dure que 3 ans. Première année de passion, deuxième année de tendresse, troisième année d’ennuie. C’est triste à dire. C’est difficile à comprendre. Et quasiment tout au long du livre, le héros – et donc l’auteur – veut essayer de nous faire accepter, ainsi qu’à lui-même, sans jamais y arriver finalement, que cet Amour tant recherché est éphémère, et qu’il ne dure pas plus que 3 ans. Mais voilà, il retombe amoureux. Et c’est encore plus douloureux, parce que l’objet de son désir, de son amour, est marié. Ils sont amants, puis il divorce, l’attend, devient L’amant, l’attend toujours, déprime, pleure, l’aime, la veut, et elle finira par être divorcer à son tour.

On ne saura jamais si l’amour d’Alice et de Marc durera plus que trois ans. On ne saura jamais si toute la thèse exposée dans ce roman est véritable. Mais ce n’est pas grave. Car ce qui est beau dans ce roman, ce que j’ai véritablement aimé, c’est le message. Peu importe si l’amour fait mal, si l’amour se termine au bout de 2, 3, 7, 10, 20, 50 ans, si l’amour ne se définit que par la fidélité, le mariage ou la passion, si l’amour déçoit. L’important, c’est d’aimer. Alors peut-être que j’ai mal compris, mais c’est vraiment le message que je retire de ce roman. Un roman que j’ai vraiment apprécié, grâce à un style délicat, mais utilisant paradoxalement un vocabulaire souvent vulgaire, grâce à un personnage tout ce qu’il y a de plus humain et émouvant, et des idées passionnantes, qui ne cesseront jamais d’intéresser tant elles sont universelles (qu’est-ce l’amour ? le mariage est-il le début de la fin ? l’adultère est-il vraiment impardonnable ? l’homme qui trompe est-il vraiment qu’un salop ?). J’ai trouvé le style fait d’un peu trop de fioritures, pourtant, j’ai été incapable de m’arrêter de lire ce roman passionnant, facile à lire grâce à des chapitres courts et explicites.