Accueil » Littérature » Bit-Lit » Le Livre Perdu des Sortilèges, de Deborah Harkness

Le Livre Perdu des Sortilèges, de Deborah Harkness

 

★★☆☆☆

Ca fait quasiment un mois que je n’ai rien posté sur ce blog mais ce n’est pas parce que je l’oublie mais plutôt car je rame à lire mes livres et à regarder des films. En effet, je suis plus dans une phase « séries tv ». Néanmoins, comme c’est les vacances, que j’ai bientôt fini mon long week-end à Nice, je m’étais dit avant d’y aller que Nice inclut obligatoirement plage et compagnie, donc j’ai laissé de côté les Game of Thrones et autres, et pris Le livre perdu des sortilèges. Et j’ai donc finalement réussi à le finir ce fichu bouquin.

Et je vous envie d’ores et déjà la couleur : ma note (sur babélio et goodreads) est de trois étoiles.  Je vous les explique dans un instant, mais tout d’abord voilà :

  • Diana Bishop a renoncé depuis longtemps à un héritage familial compliqué, pour privilégier ses recherches universitaires, une vie simple et ordinaire. Jusqu’au jour où elle emprunte un manuscrit alchimique : l’Ashmole 782. Elle ignore alors qu’elle vient de réveiller un ancien et terrible secret – un secret convoité par de nombreuses et redoutables créatures. Parmi eux, Matthew Clairmont, un médecin/biologiste (?) et vampire français. Un tueur, lui a-t-on dit. Malgré elle, Diana se retrouve au cœur de la tourmente.

Et donc, comme vous l’avez deviné, Diana tombe amoureuse du Matthew et vice-versa. Bref, je vais commencer par les reproches que je fais à ce livre, en essayant de ne pas trop m’étaler et en les énumérant (une première donc) :

  1. On pourra dire tout ce qu’on veut. L’histoire, la mythologie du livre sauve le tout, ça reste du déjà-vu tout ça. L’histoire d’amour impossible entre un vampire et une autre créature, ici sorcière. Et moi, perso, ça me dérange pas l’impression de déjà-vu quand il s’agit d’histoire d’amour, j’arrive toujours à être emportée mais avec les vampires, c’est toujours les mêmes histoires : il arrive toujours un moment où le vampire a peur de ne plus contrôler ses pulsions, un autre où la fille en question boit finalement son sang pour être guéri, et lui faire boire le sien pour le guérir etc.. Je veux dire, c’est plus possible ! Un peu d’originalité, s’il vous plait. Et puis même si les personnages sont plus matures que Bella et Edward, ils leurs ressemblent tout de même beaucoup. La moitié du livre à se faire la cour, puis une fois ensemble, des baisers plus ou moins chastes, pour ne tout simplement pas conclure, ce qui il faut l’avouer n’est pas crédible du tout. Il est un très vieux vampire et il est un homme, il a été marié, a eu un fils, a connu de nombreuses aventures, et elle-même (Diana) a connu plusieurs relations sexuelles et elle est sensée avoir entre 28 ans et 30 ans, vous ne me ferez pas croire que deux personnes matures attendent d’être mariées pour coucher ensemble, mais qu’en plus, ce mariage n’est finalement pas consommé. Je chipote, je sais. Mais je reproche aux gens qui ont décrit ce roman comme était résolument mature car c’est faux, ça reste bon enfant de ce côté-là. Mais si ce n’était que ça.. en connaissant l’âge des personnages qui sont de véritables adultes, ça en devient tout sauf crédible. Et pour en revenir à mes moutons, je n’ai pas du tout adhéré à cet amour inconditionnel entre Diana et Matthew. Ils ne vivent que pour l’un et l’autre, du jour au lendemain. Matthew ira même jusqu’à dire qu’il tuerait son fils pour Diana, et celle-ci n’hésiterait presque pas à blesser sa tante qui a ne serait-ce qu’un peu critiquer Matthew – son ennemi par nature. Sans parler, des déclarations tout au long du roman qui rende le tout presque niais. Et cette idée de les faire se vouvoyer (j’ai lu le roman en français), c’était quoi monsieur le traducteur ?
  2. Donc j’ai trouvé cette relation plutôt ratée, mais c’est surement à cause des deux héros donc, que je n’ai pas trouvé très réussi non plus. Certes, ils ne sont pas non plus bâclés ou simplement ratés. Ils sont approfondis, le travail de l’auteur sur eux est très bon. Ceux ne sont pas des personnages insipides, pourtant, elle n’arrive pas à les rendre attachant. On peut admirer Diana pour son côté historienne qui ressort souvent, une facette d’elle que j’ai beaucoup aimé, qui la rend « vrai ». Elle m’a cependant agacé car elle est simplement trop « aveugle », ignorante de ce qu’il se passe autour d’elle et elle laisse donc tout le monde prendre les décisions pour LA garder en vie, car bon, tout le monde l’aime (Elena n°2 quoi). Cependant l’auteur lui donne des failles, des doutes, comme cette incapacité à affronter ses peurs mais aussi beaucoup de courage, qui est pourtant tout de suite éclipsé par Matthew. Je m’attendais à adorer ce dernier mais non. Il a toute les facettes du vampire intelligent, un brin manipulateur, colérique, passionné, qui tombe amoureux à en mourir de sa sorcière, qui serait prêt à se sacrifier, qui fait tout pour la protéger. Et qui en fait justement trop. Et pourtant, il avait tout pour me faire tomber sous son charme. Mais son envie de tout gérer, cette nonchalance à blesser les autres (ou même les tuer) pour sauver sa bien-aimée, ça la rendu détestable. Les seuls moments où je l’ai vraiment apprécié c’est quand il est avec son frère, Baldwin. On voit qu’il n’est pas infaillible qu’il le parait et qu’il n’a pas qu’une seule faiblesse en la personne de Diana. Et ça le rend de suite plus attachant. Mais ce qui aurait fallu pour rendre les deux personnages vraiment attachant durant tout le livre, ce que l’auteur nous offre davantage de moment de complicité entre Diana et ses tantes, ou Matthew et sa famille. Mais voilà, Diana reste insupportable car elle laisse tout le monde se charger des problèmes qu’elle a provoqué, elle ne fait qu’attendre et s’évanouir et être blessée (au moins 5 fois dans le bouquin), et Matthew est insupportable car il prend toutes les décisions, oubliant qu’il y a d’autres personnes que Diana sur la planète, et que celle-ci peut aussi réfléchir.
  3. Et paf, on est déjà au troisième reproche et le dernier. Je ne connais pas du tout l’auteur, d’où elle vient, si elle est mariée, quelle est sa religion. Et je ne sais pas si l’impression que j’ai eu dans le livre lui ressemble ou pas, mais j’ai trouvé ce roman sexiste et réac. Matthew est un gros macho. Il prend toutes les décisions, est le mal Alpha, tout le monde le vénère et est à ses ordres, et donc personne ne remet jamais en doute son autorité et certainement pas miss Diana, qui est sensée être historienne et donc connaitre l’histoire des femmes et leur évolution dans le monde. Sa mère encore moins bien. Sarah, la tante Bishop, ne l’accueillera pas les bras ouverts mais principalement car c’est simplement une créature ennemie de la sienne. Le cas Sarah m’a d’ailleurs fait littéralement hurlé. Elle est lesbienne et elle nous est de suite étant présentée comme beaucoup moins émotive et fragile que sa compagne, et donc obligatoirement c’est elle l’homme dans leur relation. Peut-être, que j’extrapole. Mais c’est comme ça que je l’ai ressenti. La scène chez les Bishop, durant laquelle tous les hommes + Sarah sont dans le salon (je crois) à parler guerre et politique, et que les femmes sont dans la cuisine (remarque pertinente de Diana d’ailleurs) n’a fait que confirmer mes doutes, sur le sexisme du roman mais sur côté réac en plus. Surtout qu’on a pas eu droit à une seule (je crois bien) description de vampire, démon ou sorcière qui serait asiatique, arabe ou noir. Donc j’émets donc l’idée que l’homosexualité de Sarah et Em’ ne soit là que pour combler le manque de minorités sociales dans ce roman, et l’auteur, de ce fait, faisait d’une pierre de coup, en montrant une certaine extravagance apparemment propre aux sorcières. Bien sur, ce paragraphe n’est pas parole sainte, ce n’est que le rapport du ressenti que j’ai eu par rapport au livre. Je ne connais pas l’auteur et ses opinions politiques, religieuses et sociales, mais j’ai trouvé ce livre sexiste à 100% (à travers Matthew, la scène dites plus haut), raciste (aucun personnage autres qu’occidentaux) et possédant une vision de l’homosexualité obsolète.

Mais je n’ai pas trouvé à ce livre que des défauts au contraire. Je vais être plus facile pour lister les qualités que je lui ai trouvé, car ce ne saura pas la peine, je pense de les expliquer.

  • L’intrigue principale, le fil rouge…
  • qui débouche donc sur un univers extraordinaire et merveilleux, pouvant presque tenir tête à celui inventé par J.K Rowling (j’ai dit presque ;), la maison des Bishop étant une trouvaille absolument fantastique…
  • mais aussi sur de nombreux mystères, concernant le Ashmole 789, Stephen Proctor,  le passé de Matthew,  la véritable nature de Diana, ce qu’il s’est passé au Nigéria, ce qu’a envoyé Ysabeau – pleine de secrets à percer elle aussi – à son fils, cette prophétie etc…
  • Une écriture que j’ai trouvé assez solide. Parfois un peu trop complexe, avec quelques longueurs et quelques descriptions en trop, mais qui reste tout à fait agréable.
  • Les idées de l’auteur pour expliquer les mutations des créatures. Qui sont très complexes et qui ne doivent pas tenir la route aux yeux de scientifiques mais qui passent tout à fait aux yeux des littéraires qui se contre-fichent des maths et des sciences.
  • L’idée de faire des héros des adultes, et non pas des adolescents, car même si elle ne va pas jusqu’au bout, l’intention reste louable et audacieuse.
  • Les personnages secondaires qui à eux tous sauvent le livre qui n’est donc pas bon seulement grâce à l’intrigue. Sarah, Marcus, Ysabeau, Marthe, Sophie, Baldwin, Em’, Miriam, la grand-mère Bishop, la maison et Sept-Tours en elles-mêmes etc… différents personnages mis au second plan en faveur de Diana et Matthew, mais qui ne sont pas unidimensionnel, qui peuvent être drôles, mais aussi émouvants, intelligents, et 20 fois plus attachants que les personnages principaux en titre.

Le principal problème de ce livre, principalement à cause duquel je ne l’ai pas dévoré est qu’il est trop froid, il n’est pas « chaleureux » du tout. A l’image de ses deux héros, qui n’existent uniquement pour l’un et l’autre, et qui de ce fait, sont tout sauf humains (vous me comprenez) et donc pas attachants. Ils sont néanmoins, une fois séparée, bien construit, bien creusé grâce à des passés complexes et une situation professionnelle qui donne un côté réaliste au tout. Le livre est porté par des personnages secondaires hauts en couleurs, une écriture soignée, et une intrigue principale très complexe, bourrée de suspens et vraiment intéressante, qui apporte une autre dimension à tout ce qui a déjà été fait sur le monde des vampires et compagnie.

Publicités

Une réflexion sur “Le Livre Perdu des Sortilèges, de Deborah Harkness

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s